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Carte graphique non certifiée et SOLIDWORKS comment (quand même) essayer de gagner en stabilité (et ce qu'on ne peut pas promettre) ?

SolidWorks ou Catia utilisent des fonctionnalités uniquement disponibles sur des cartes graphiques professionnelles certifiées. Sans aucune garantie de stabilité, voici un article qui vous permet d'eviter quelques plantages si votre carte graphique est une carte standard.


Le point de vue d'un ingénieur support

Il y a un ticket que je vois passer toutes les semaines. Le message ressemble toujours à ça : « SOLIDWORKS plante quand je fais tourner mon assemblage », « j'ai des faces noires », « le modèle laisse des traînées à l'écran », « RealView est grisé ». Et une fois sur deux, la première question que je pose n'a rien à voir avec le modèle : quelle carte graphique, et quel pilote ?

Autant le dire tout de suite, parce que c'est la seule chose que je peux affirmer sans réserve : une carte graphique certifiée avec un pilote certifié est la condition pour un fonctionnement garanti de SOLIDWORKS. Ce n'est pas un argument de vente, c'est la définition même du périmètre testé par Dassault Systèmes. Tout ce qui suit dans cet article relève d'une autre catégorie : des pistes que je propose en dépannage, qui améliorent souvent les choses, et dont aucune ne constitue une garantie de stabilité.

Ce que « certifiée » veut dire concrètement

La certification ne porte pas sur la carte seule. Elle porte sur un triplet : un modèle de carte, une version de pilote, et une version de SOLIDWORKS (aujourd'hui SOLIDWORKS 2026). Dassault Systèmes publie ces combinaisons validées sur sa page de certification matérielle, et les familles qui y figurent sont les gammes professionnelles : NVIDIA RTX PRO, RTX A et T, AMD Radeon PRO W, Intel Arc Pro. Une carte grand public — GeForce, Radeon RX — n'y figure pas, quelle que soit sa puissance brute.

C'est le point qui surprend le plus mes interlocuteurs : une carte gaming à 800 € peut se comporter plus mal dans SOLIDWORKS qu'une carte pro d'entrée de gamme à 250 €. La raison est simple. SOLIDWORKS sollicite le pilote sur des chemins de code que les pilotes grand public optimisent peu et testent peu : affichage massif d'arêtes, transparence, sélection, vues filaires, arêtes silhouettes, changements d'état d'affichage à répétition. Un pilote gaming est optimisé pour des textures et des triangles ; pas pour dix mille arêtes vives à afficher proprement pendant une rotation.

Conséquences pratiques d'une carte non certifiée :

  • certaines fonctions dépendantes du GPU peuvent être indisponibles ou instables, RealView en tête ;
  • les artefacts d'affichage (faces noires, géométrie fantôme, rémanence du curseur) ne sont pas des bugs SOLIDWORKS reproductibles, donc ils ne se corrigent pas côté logiciel ;
  • en cas d'incident, le support ne peut pas conclure. C'est frustrant pour tout le monde, mais un diagnostic ne veut rien dire sur une configuration hors périmètre.
Étape 0 : diagnostiquer avant de bidouiller

Le réflexe le plus courant, c'est de décocher dix options d'un coup. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire : au bout de dix minutes on ne sait plus ce qui a changé, et on a dégradé l'affichage sans savoir si ça a servi.

La méthode que j'applique :

  1. Reproduire sur un fichier neutre. Ouvrez un modèle simple, puis un assemblage de référence connu. Si le plantage survient aussi sur un fichier sain, le problème est côté machine, pas côté conception.
  2. Lancer SOLIDWORKS Rx. L'outil livré avec SOLIDWORKS fait un diagnostic système, vous dit si votre carte et votre pilote sont reconnus, et permet d'enregistrer une capture du problème. Même hors périmètre certifié, c'est le point de départ le plus rentable.
  3. Un seul changement à la fois, avec un test de 15 à 20 minutes de travail réel entre chaque. Notez ce que vous changez, dans un simple fichier texte. Vous en aurez besoin le jour où il faudra revenir en arrière.
Côté machine et pilote : là où se cachent les vraies causes

Avant même de toucher aux options SOLIDWORKS, une grande partie des « plantages graphiques » que je traite viennent de l'environnement Windows.

Les surcouches d'affichage. C'est ma première suspicion, systématiquement. Overlays de jeu, capteurs de FPS, overlays de Discord, de Teams, d'outils de capture vidéo, utilitaires RGB, logiciels de streaming : ils s'injectent dans le pipeline graphique de l'application et ils sont une cause de crash extrêmement fréquente. Désactivez-les tous. Pas « la plupart » : tous.

Le choix du pilote. Sur une carte grand public, préférez la branche pilote orientée création et stabilité (NVIDIA Studio plutôt que Game Ready, par exemple) plutôt que le tout dernier pilote sorti pour un jeu. Et surtout, résistez à la mise à jour automatique : un pilote qui fonctionne se garde. Ne cherchez pas non plus les pilotes modifiés ou « débridés » trouvés sur des forums — ils ne rendent pas une carte certifiée, ils rendent juste le diagnostic impossible.

Les optimisations du panneau de contrôle constructeur. Laissez SOLIDWORKS piloter son propre affichage : pas d'anti-aliasing forcé, pas de filtrage anisotrope forcé, pas de « mode performance maximale » appliqué globalement, pas de mise à l'échelle GPU exotique. Toute option forcée au niveau du pilote est une divergence supplémentaire par rapport à ce qui a été testé.

Les portables à GPU hybride. Vérifiez explicitement que SOLIDWORKS s'exécute sur le GPU dédié et non sur le circuit graphique intégré. Un basculement à chaud entre les deux en pleine session est un scénario de crash classique.

L'affichage lui-même. Multi-écrans à résolutions et taux de rafraîchissement différents, HDR activé, mise à l'échelle Windows à 150 % sur du 4K : autant de facteurs aggravants. Sur une configuration fragile, un seul écran, HDR désactivé, mise à l'échelle à 100 %, c'est moins confortable — et nettement plus stable.

Côté SOLIDWORKS : les options qui soulagent le GPU

On arrive aux réglages. Ils se trouvent dans Outils > Options > Options système > Performances, sauf mention contraire. L'idée n'est pas de tout décocher, mais de retirer au pilote les tâches sur lesquelles il trébuche.

Mode graphique amélioré (Enhanced graphics performance, redémarrage requis). À tester dans les deux sens, et c'est important de le dire dans cet ordre : sur une carte certifiée, l'activer améliore le rendu et les manipulations, et il est requis pour le modèle de rendu DSPBR de Dassault Systèmes. Sur une carte non certifiée, il peut au contraire déclencher des artefacts ou des crashs, parce qu'il exploite plus agressivement le pilote. Faites le test dans les deux positions, avec un redémarrage complet à chaque fois.

Transparence. Décochez Haute qualité pour le mode de vue dynamique. C'est l'un des réglages les plus rentables : la transparence haute qualité pendant les rotations est coûteuse, et la documentation SOLIDWORKS signale elle-même que sur certaines cartes, l'affichage s'améliore quand on ne l'utilise pas.

Niveau de détail. Déplacez le curseur vers Moins (plus rapide). Vous perdez en finesse pendant les rotations et les zooms, pas sur le modèle final.

Arêtes silhouettes accélérées matériellement. Si vous voyez des artefacts en vue filaire ou en lignes cachées, désactivez cette option : elle délègue justement ce travail au GPU. Dans la même section, Ne pas afficher les arêtes silhouettes dans les pièces lorsque le nombre de corps dépasse est un bon garde-fou pour les pièces multicorps.

Génération de courbure. Laissez sur Uniquement à la demande pour ne pas payer ce calcul sur chaque modèle ombré.

Qualité d'image (Outils > Options > Propriétés du document > Qualité d'image). Le curseur de résolution ombrée est trop souvent poussé à droite « pour faire propre ». Chaque cran à droite multiplie le nombre de triangles à afficher. Redescendez-le : sur une carte légère, c'est un des leviers les plus directs.

Anti-aliasing (Options système > Affichage). Passez-le sur Aucun. L'anti-aliasing plein écran est joli et coûteux ; c'est un candidat naturel au sacrifice.

Les effets visuels. RealView, occlusion ambiante, ombres, perspective, arrière-plans dégradés, textures et décalcomanies haute résolution : sur une configuration non certifiée, ce sont des dépenses inutiles. Travaillez en fond uni et en ombré simple.

OpenGL logiciel. C'est le dernier recours, et il faut le présenter honnêtement : cette option désactive l'accélération matérielle et fait calculer l'affichage par le processeur. C'est lent, et la documentation précise de ne la sélectionner que sur indication du support technique (et seulement sans document ouvert). Mais quand une session doit absolument aller au bout pour livrer un dossier ce soir, elle a sauvé un certain nombre de journées.

Côté conception : le levier le plus durable

Les options d'affichage font gagner quelques dizaines de pourcents. La façon de construire et d'ouvrir les modèles fait gagner des ordres de grandeur — et elle reste utile le jour où vous passerez sur du matériel certifié.

  • Ouvrez allégé. Mode allégé, réglages pour grands assemblages, Large Design Review pour la simple revue : n'exigez pas de la carte qu'elle affiche ce que vous n'êtes pas en train de modifier.
  • Utilisez SpeedPak sur les sous-assemblages que vous ne modifiez pas, et des configurations simplifiées pour la conception (les visseries, filetages réels et congés cosmétiques coûtent très cher à l'affichage pour un intérêt nul en amont).
  • Travaillez avec des états d'affichage et masquez au lieu de supprimer. Trois états d'affichage bien nommés valent mieux que dix minutes de patience.
  • Limitez les corps surfaciques et la géométrie de construction inutile, qui gonflent le nombre d'entités à afficher.
  • Sur les mises en plan : vues en qualité brouillon, parcimonie sur les vues ombrées et éclatées, et évitez de charger une mise en plan lourde en même temps que l'assemblage complet.
  • Réduisez la surface à afficher : une seule fenêtre plutôt que quatre vues simultanées, fenêtre non maximisée sur un écran 4K, onglets et documents inutiles fermés.
  • Sauvegardez souvent et activez la sauvegarde automatique. C'est du bon sens sur toute configuration ; sur une configuration non garantie, c'est indispensable.

Un mot sur ce qu'il ne faut pas faire : ne cherchez pas à débloquer RealView par une modification de la base de registre. Cette manipulation circule beaucoup, elle n'est pas supportée, elle ne transforme pas une carte grand public en carte certifiée, et elle rend votre poste inanalysable en cas d'incident. Même remarque pour l'overclocking et les utilitaires d'« optimisation » tiers.

Où se situe la limite honnête

Ces réglages font gagner de la stabilité dans une bonne partie des cas. Ils ne changent pas la nature du problème, et il y a des situations où je ne peux rien proposer d'autre que du matériel certifié :

  • les plantages persistent alors que vous êtes sur un fichier neutre et que l'environnement est propre ;
  • vous travaillez sur des assemblages de plusieurs milliers de composants, ou sur des pièces de très haute densité géométrique ;
  • votre usage inclut la simulation, le rendu (SOLIDWORKS Visualize) ou des workflows 3DEXPERIENCE qui s'appuient sur le GPU ;
  • vous ne pouvez pas assumer une perte de données ou un jour d'arrêt.

Le calcul est vite fait, et c'est celui que je pose à la fin de chaque échange de ce type : combien coûte une journée d'ingénierie perdue, un fichier corrompu, une livraison décalée — comparé à l'écart de prix entre une carte grand public et une carte professionnelle certifiée d'entrée ou de milieu de gamme ? Dans la quasi-totalité des cas que j'ai traités, l'arbitrage penche du même côté.


Vous êtes dans cette situation ? Si vous avez appliqué ces pistes et que l'instabilité persiste, ou si vous voulez simplement savoir où se situe votre configuration actuelle par rapport aux combinaisons carte + pilote validées pour votre version de SOLIDWORKS, l'équipe support Ohmycad peut regarder ça avec vous. Un diagnostic Rx et dix minutes d'échange suffisent généralement à savoir si on est face à un réglage, à un pilote, ou à une limite matérielle.

Le point de vue d'un ingénieur support — ce qui fonctionne, et ce qu'on ne peut pas garantir

Il y a un ticket que je vois passer toutes les semaines. Le message ressemble toujours à ça : « SOLIDWORKS plante quand je fais tourner mon assemblage », « j'ai des faces noires », « le modèle laisse des traînées à l'écran », « RealView est grisé ». Et une fois sur deux, la première question que je pose n'a rien à voir avec le modèle : quelle carte graphique, et quelle version de pilote ?

Autant le dire tout de suite, parce que c'est la seule chose que je peux affirmer sans réserve : une carte graphique certifiée avec un pilote certifié est la condition d'un fonctionnement garanti de SOLIDWORKS. Ce n'est pas un argument de vente, c'est la définition du périmètre testé par Dassault Systèmes. Tout ce qui suit relève d'une autre catégorie : des pistes de dépannage que je propose au quotidien, qui améliorent souvent les choses, et dont aucune ne constitue une garantie de stabilité.

Et si vous ne devez retenir qu'une idée de cet article, ce sera celle-ci : sur une configuration légère, le levier le plus puissant n'est pas dans les options du logiciel, il est dans le poids d'affichage de vos modèles. C'est la partie que la plupart des utilisateurs négligent, et c'est celle sur laquelle j'insiste le plus longuement plus bas.


Ce que « certifiée » veut dire concrètement

La certification ne porte pas sur la carte seule. Elle porte sur un triplet : un modèle de carte, une version de pilote, et une version de SOLIDWORKS (aujourd'hui SOLIDWORKS 2026). Dassault Systèmes publie ces combinaisons validées sur sa page de certification matérielle, et les familles qui y figurent sont les gammes professionnelles : NVIDIA RTX PRO, RTX A et T, AMD Radeon PRO W, Intel Arc Pro. Une carte grand public — GeForce, Radeon RX — n'y figure pas, quelle que soit sa puissance brute.

C'est le point qui surprend le plus mes interlocuteurs : une carte gaming haut de gamme peut se comporter plus mal dans SOLIDWORKS qu'une carte professionnelle d'entrée de gamme. La raison est simple. SOLIDWORKS sollicite le pilote sur des chemins de code que les pilotes grand public optimisent peu et testent peu : affichage massif d'arêtes, transparence triée par profondeur, sélection au survol, vues filaires et lignes cachées, arêtes silhouettes, changements d'état d'affichage à répétition. Un pilote gaming est optimisé pour des textures et des triangles ; pas pour cent mille arêtes vives à afficher proprement pendant une rotation.

Conséquences pratiques :

  • certaines fonctions dépendantes du GPU peuvent être indisponibles ou instables, RealView en tête ;
  • les artefacts d'affichage (faces noires, géométrie fantôme, rémanence du curseur, textes qui disparaissent) ne sont pas des bugs SOLIDWORKS reproductibles, donc ils ne se corrigent pas côté logiciel ;
  • en cas d'incident, le support ne peut pas conclure. C'est frustrant pour tout le monde, mais un diagnostic ne veut rien dire sur une configuration hors périmètre.

Étape 0 : mesurer avant de régler

Le réflexe le plus courant, c'est de décocher dix options d'un coup. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire : au bout de dix minutes on ne sait plus ce qui a changé, on a dégradé l'affichage, et on ne sait pas si ça a servi.

La méthode que j'applique, dans cet ordre :

  1. Reproduire sur un fichier neutre. Ouvrez une pièce simple, puis un assemblage de référence dont vous savez qu'il est sain. Si le plantage survient aussi là, le problème est côté machine et pas côté conception — et inversement.
  2. Lancer SOLIDWORKS Rx. L'outil livré avec SOLIDWORKS fait un diagnostic système, indique si votre carte et votre pilote sont reconnus, et permet d'enregistrer une capture du problème. Même hors périmètre certifié, c'est le point de départ le plus rentable.
  3. Chiffrer le poids d'affichage avec Outils > Évaluer > Évaluation des performances. C'est l'outil qui vous dira où part réellement la puissance : temps d'ouverture, temps de reconstruction, nombre de composants, et surtout volume de triangles graphiques. Sans ce chiffre, vous optimisez à l'aveugle.
  4. Un seul changement à la fois, avec 15 à 20 minutes de travail réel entre chaque. Notez chaque modification dans un simple fichier texte : vous en aurez besoin le jour où il faudra revenir en arrière, et le jour où vous appellerez le support.

Le cœur du sujet : ce qui rend un affichage lourd

Voici la partie que je détaille le plus, parce que c'est celle qui produit les gains les plus spectaculaires — et parce que ces gains restent acquis le jour où vous passerez sur du matériel certifié.

Le principe est simple à retenir : la carte graphique n'affiche pas votre modèle, elle affiche sa facettisation. Chaque face courbe est découpée en triangles, chaque arête est tracée. Ce qui coûte cher, ce n'est donc pas la « grosse » pièce massive : c'est la multitude de petites formes courbes, répétées, arrondies, importées. Un carter de 800 mm parfaitement lisse peut être dix fois plus léger à afficher qu'une tôle perforée de 100 mm.

1. La géométrie importée — le premier suspect

Un fichier STEP, IGES ou Parasolid arrivé d'un fournisseur est, dans mon expérience, la cause n°1 des affichages anormalement lourds. Pourquoi :

  • la géométrie importée arrive sans arbre de construction, découpée en un très grand nombre de faces et d'arêtes là où une modélisation native en aurait produit quelques-unes ;
  • les fichiers IGES et certains exports mal paramétrés amènent des corps surfaciques, des faces en doublon, des arêtes redondantes ou des congés reconstruits face par face ;
  • les catalogues fournisseurs sont souvent livrés en version « vitrine » : filetages réels, moletages, gravures de marquage, roulements avec cage et billes détaillées. Autrement dit, tout ce qui coûte cher à afficher et qui ne vous sert à rien pour concevoir ;
  • ces pièces embarquent parfois une facettisation figée très fine, indépendante de vos propres réglages de qualité d'image.

Ce qu'on fait, concrètement :

  • lancer le diagnostic d'importation à l'ouverture et corriger les faces/arêtes défectueuses ;
  • supprimer purement et simplement les corps et faces parasites (marquages, filetages réels, détails internes invisibles) ;
  • pour un composant qui n'a besoin que d'un encombrement et de quelques interfaces, créer une enveloppe simplifiée ou une pièce de substitution, et garder le fichier fournisseur complet pour la documentation ;
  • refuser l'IGES quand un STEP ou un Parasolid est disponible, et qualifier les fichiers en entrée plutôt qu'en sortie. Nous avons écrit un guide dédié à ce sujet : Qualifier vos fichiers 3D : guide efficace en 5 étapes.

Sur une configuration non certifiée, un seul composant fournisseur non nettoyé peut suffire à faire tomber une session. C'est le premier endroit où je regarde.

2. Les filetages modélisés

Un filetage réellement modélisé — hélice balayée ou fonction Filetage — est une surface continue à courbure double sur toute la longueur de la vis. C'est, à volume égal, l'une des géométries les plus coûteuses à facetter dans une pièce mécanique courante. Multipliez par les 200 vis d'un assemblage et vous avez, à vous seul, l'essentiel du budget graphique du modèle.

La règle : filetage cosmétique par défaut, filetage modélisé uniquement quand la géométrie réelle est nécessaire (impression 3D, usinage spécifique, simulation de contact, mise en plan de détail). Et si vous devez le modéliser, faites-le dans une configuration dédiée, pas dans la configuration de travail. Le filetage cosmétique donne la représentation normalisée en mise en plan sans rien coûter à l'écran.

3. Les répétitions de petites formes

C'est le piège le plus insidieux, parce que la pièce paraît anodine. Chaque instance d'une répétition est une géométrie complète à facetter et à afficher :

  • tôles et grilles perforées (plusieurs milliers de perçages, chacun avec sa face cylindrique et ses deux arêtes circulaires) ;
  • moletages, stries, cannelures, textures gravées ;
  • ailettes de dissipateur, échangeurs, faisceaux de tubes ;
  • dentures d'engrenages, chaînes, crémaillères ;
  • perçages taraudés répétés sur une platine, motifs de fixation, rails à trous ;
  • répétitions pilotées par esquisse ou par courbe sur une surface courbe, qui cumulent les deux coûts.

Ce qu'on fait :

  • supprimer les instances inutiles de la répétition pendant la phase de conception, ou réduire le motif à une zone représentative ;
  • créer une configuration « allégée » dans laquelle la répétition est supprimée, et l'utiliser dans l'assemblage — la configuration détaillée reste disponible pour la mise en plan et la fabrication ;
  • pour une tôle perforée purement esthétique, envisager une apparence ou une décalcomanie plutôt qu'une géométrie réelle ;
  • placer la répétition au niveau de la pièce et non de l'assemblage quand c'est possible, et éviter les répétitions de répétitions ;
  • réfléchir aux symétries plutôt qu'aux duplications : le sujet est traité ici — Les symétries dans SOLIDWORKS : esquisse, fonction, corps, pièce miroir.

4. Congés, chanfreins et détails cosmétiques

Un congé remplace une arête vive par une surface courbe, donc par une bande de triangles. Un congé à rayon variable, un congé sur arête multiple ou un raccordement de congés en coin coûte bien davantage. Sur une pièce qui en compte trois cents, dont deux cent cinquante sont purement cosmétiques, le calcul est vite fait.

En phase de conception, gardez les congés fonctionnels et repoussez les congés esthétiques en fin d'arbre, dans un dossier que vous pouvez supprimer d'un clic — ou dans une configuration séparée. Vous les réactiverez pour le rendu et la mise en plan.

5. Visserie et composants catalogue

La visserie est la championne du rapport « poids d'affichage / valeur ajoutée ». Vis avec filetage réel, écrous à empreinte détaillée, rondelles, roulements complets avec billes et cage, vérins avec toute leur tuyauterie : sur un assemblage de machine, ces composants représentent souvent la majorité des triangles pour une fraction du volume.

Utilisez les configurations simplifiées de la bibliothèque, remplacez les roulements par des bagues, et n'hésitez pas à masquer intégralement la visserie tant que vous concevez. Elle réapparaîtra dans la nomenclature et la mise en plan.

6. Apparences, textures, décalcomanies, transparence

  • Une décalcomanie issue d'une image en haute résolution consomme de la mémoire graphique sans apporter grand-chose à l'écran de travail.
  • Les apparences réfléchissantes ou texturées, l'occlusion ambiante et les ombres portées sont des effets facturés au GPU à chaque image.
  • La transparence est le cas le plus coûteux : plusieurs corps transparents superposés obligent à trier les faces par profondeur à chaque rotation. Sur une carte non certifiée, c'est un déclencheur de plantage classique. Un carter transparent pour « voir dedans » se remplace avantageusement par une vue de section ou par un masquage.

7. Les arêtes, qu'on oublie toujours

Le mode Ombré avec arêtes est confortable et deux fois plus coûteux que le mode Ombré sur un assemblage dense, parce que chaque arête est un tracé supplémentaire. Les vues filaires et lignes cachées, elles, sont presque exclusivement du tracé d'arêtes — c'est pour cette raison qu'elles font apparaître les artefacts en premier sur une carte fragile. Les esquisses affichées, la géométrie de construction, les plans, les annotations 3D et la cotation DimXpert s'ajoutent à la note : masquez tout ce que vous ne regardez pas.

8. Les mises en plan

Beaucoup de plantages attribués au 3D se produisent en réalité sur une mise en plan :

  • les vues ombrées et les vues éclatées d'un assemblage complet ;
  • les vues de section et les vues de détail, qui recalculent de la géométrie ;
  • les hachures denses sur de grandes surfaces, très coûteuses à tracer ;
  • une dizaine de vues d'un gros assemblage sur une même feuille, plus l'assemblage 3D ouvert en parallèle.

Travaillez en qualité brouillon pendant la mise en page, réservez la haute qualité au tirage final, et n'ouvrez pas l'assemblage complet en même temps que sa mise en plan.

Synthèse : du symptôme à l'action

Symptôme observé Cause la plus fréquente Première action
Plantage en rotation d'un assemblage Volume de triangles trop élevé Évaluation des performances, puis mode allégé et SpeedPak
Faces noires, géométrie fantôme Pilote non certifié / surcouche d'affichage Désactiver overlays, changer de branche de pilote
Lenteur au survol et à la sélection Trop d'arêtes affichées Passer en Ombré, masquer esquisses et annotations
Plantage à l'ouverture d'un composant fournisseur Import non nettoyé, tessellation figée Diagnostic d'importation, enveloppe simplifiée
Chute de performance sur une pièce précise Filetages modélisés ou répétition dense Filetage cosmétique, suppression d'instances, configuration allégée
Artefacts en filaire ou lignes cachées Arêtes silhouettes accélérées matériellement Désactiver l'option dans Performances
Plantage en mise en plan uniquement Vues ombrées, sections, hachures denses Qualité brouillon, réduire le nombre de vues par feuille
RealView grisé Carte ou pilote non reconnu Vérifier la certification ; ne pas forcer par la base de registre

Côté machine et pilote : là où se cachent les vraies causes

Avant même de toucher aux options SOLIDWORKS, une grande partie des « plantages graphiques » que je traite viennent de l'environnement Windows.

Les surcouches d'affichage. C'est ma première suspicion, systématiquement. Overlays de jeu, compteurs de FPS, overlays de Discord ou de Teams, outils de capture vidéo, utilitaires RGB, logiciels de streaming : ils s'injectent dans le pipeline graphique de l'application et constituent une cause de crash extrêmement fréquente. Désactivez-les tous — pas « la plupart » : tous.

Le choix du pilote. Sur une carte grand public, préférez la branche orientée création et stabilité (NVIDIA Studio plutôt que Game Ready, par exemple) au tout dernier pilote sorti pour un jeu. Et résistez à la mise à jour automatique : un pilote qui fonctionne se garde. Ne cherchez pas non plus les pilotes modifiés ou « débridés » des forums — ils ne rendent pas une carte certifiée, ils rendent le diagnostic impossible.

Les optimisations du panneau de contrôle constructeur. Laissez SOLIDWORKS piloter son propre affichage : pas d'anti-aliasing forcé, pas de filtrage anisotrope forcé, pas de profil « performance maximale » appliqué globalement, pas de mise à l'échelle GPU exotique. Chaque option forcée au niveau du pilote est une divergence supplémentaire par rapport à ce qui a été testé.

Les portables à GPU hybride. Vérifiez explicitement que SOLIDWORKS s'exécute sur le GPU dédié et non sur le circuit graphique intégré. Un basculement à chaud entre les deux en pleine session est un scénario de crash classique.

L'affichage lui-même. Multi-écrans à résolutions ou taux de rafraîchissement différents, HDR activé, mise à l'échelle Windows à 150 % sur du 4K : autant de facteurs aggravants. Sur une configuration fragile, un seul écran, HDR désactivé et mise à l'échelle à 100 %, c'est moins confortable — et nettement plus stable.

Le reste de la machine. La carte n'est jamais seule en cause : la RAM disponible, le disque (un SSD NVMe change la donne à l'ouverture des gros assemblages) et la fréquence mono-cœur du processeur pèsent sur le ressenti. Nous avons détaillé cet aspect dans SOLIDWORKS au ralenti : optimisez vos performances.

Côté SOLIDWORKS : les options qui soulagent le GPU

Ces réglages se trouvent dans Outils > Options > Options système > Performances, sauf mention contraire. L'idée n'est pas de tout décocher, mais de retirer au pilote les tâches sur lesquelles il trébuche.

Mode graphique amélioré (Enhanced graphics performance, redémarrage requis). À tester dans les deux sens, et l'ordre de la phrase compte : sur une carte certifiée, l'activer améliore le rendu et les manipulations, et il est requis pour le modèle de rendu DSPBR de Dassault Systèmes. Sur une carte non certifiée, il peut au contraire déclencher artefacts ou plantages, parce qu'il exploite plus agressivement le pilote. Testez les deux positions, avec un redémarrage complet à chaque fois.

Transparence. Décochez Haute qualité pour le mode de vue dynamique. C'est l'un des réglages les plus rentables : la documentation SOLIDWORKS signale elle-même que sur certaines cartes, l'affichage s'améliore quand on n'utilise pas la transparence haute qualité.

Niveau de détail. Déplacez le curseur vers Moins (plus rapide). Vous perdez en finesse pendant les rotations et les zooms, pas sur le modèle final.

Arêtes silhouettes accélérées matériellement. Si vous voyez des artefacts en vue filaire ou en lignes cachées, désactivez cette option : elle délègue justement ce travail au GPU. Juste en dessous, Ne pas afficher les arêtes silhouettes dans les pièces lorsque le nombre de corps dépasse est un bon garde-fou pour les pièces multicorps.

Génération de courbure. Laissez sur Uniquement à la demande pour ne pas payer ce calcul sur chaque modèle ombré.

Qualité d'image (Outils > Options > Propriétés du document > Qualité d'image). Le curseur de résolution ombrée est trop souvent poussé à droite « pour faire propre ». Chaque cran à droite multiplie le nombre de triangles à afficher. Redescendez-le : sur une carte légère, c'est l'un des leviers les plus directs — et c'est exactement le réglage qui fait la différence sur les pièces décrites plus haut (répétitions, congés, filetages).

Anti-aliasing (Options système > Affichage). Passez-le sur Aucun. L'anti-aliasing plein écran est joli et coûteux ; c'est un candidat naturel au sacrifice.

OpenGL logiciel. C'est le dernier recours, et il faut le présenter honnêtement : cette option désactive l'accélération matérielle et fait calculer l'affichage par le processeur. C'est lent, et la documentation précise de ne la sélectionner que sur indication du support technique, sans document ouvert. Mais quand une session doit absolument aller au bout pour livrer un dossier le soir même, elle a sauvé un certain nombre de journées.

Les pratiques d'ouverture et de travail

  • Ouvrez allégé. Mode allégé, réglages pour grands assemblages, Large Design Review pour la simple revue : n'exigez pas de la carte qu'elle affiche ce que vous n'êtes pas en train de modifier.
  • Utilisez SpeedPak sur les sous-assemblages que vous ne modifiez pas, et des sous-assemblages de taille raisonnable plutôt qu'un assemblage monolithique — la méthode est détaillée dans Comment optimiser des assemblages complexes dans SOLIDWORKS.
  • Travaillez avec des états d'affichage et masquez au lieu de supprimer. Trois états d'affichage bien nommés valent mieux que dix minutes de patience.
  • Réduisez la surface à afficher : une seule fenêtre plutôt que quatre vues simultanées, fenêtre non maximisée sur un écran 4K, onglets et documents inutiles fermés.
  • Sauvegardez souvent et activez la sauvegarde automatique. C'est du bon sens sur toute configuration ; sur une configuration non garantie, c'est indispensable.
  • Rangez vos fichiers. Une arborescence saine et des références propres évitent les rechargements inutiles : voir Organiser efficacement vos fichiers CAO.

Ce qu'il ne faut pas faire

Ne cherchez pas à débloquer RealView par une modification de la base de registre. Cette manipulation circule beaucoup, elle n'est pas supportée, elle ne transforme pas une carte grand public en carte certifiée, et elle rend votre poste inanalysable en cas d'incident. Même remarque pour l'overclocking, les pilotes modifiés et les utilitaires d'« optimisation » tiers.

Où se situe la limite honnête

Ces réglages et ces pratiques font gagner de la stabilité dans une bonne partie des cas. Ils ne changent pas la nature du problème, et il y a des situations où je ne peux rien proposer d'autre que du matériel certifié :

  • les plantages persistent sur un fichier neutre, avec un environnement propre et des modèles déjà allégés ;
  • vous travaillez sur des assemblages de plusieurs milliers de composants, ou sur des pièces de très haute densité géométrique ;
  • votre usage inclut la simulation, le rendu (SOLIDWORKS Visualize) ou des workflows 3DEXPERIENCE qui s'appuient sur le GPU ;
  • vous ne pouvez pas assumer une perte de données ou une journée d'arrêt.

Le calcul est celui que je pose à la fin de chaque échange de ce type : combien coûte une journée d'ingénierie perdue, un fichier corrompu, une livraison décalée — comparé à l'écart de prix entre une carte grand public et une carte professionnelle certifiée d'entrée ou de milieu de gamme ? Dans la quasi-totalité des cas que j'ai traités, l'arbitrage penche du même côté.


Questions fréquentes

Ma carte est très puissante, pourquoi ne suffit-elle pas ? Parce que la puissance brute n'est pas le sujet. Ce qui compte est la façon dont le pilote traite les opérations dont SOLIDWORKS a besoin : arêtes, transparence, sélection, vues filaires. Une carte professionnelle d'entrée de gamme dispose d'un pilote validé pour ces opérations ; une carte gaming, non.

Quel réglage essayer en premier si je n'en essaie qu'un ? Descendez le curseur de Qualité d'image du document, et ouvrez vos assemblages en mode allégé. Ce sont les deux actions qui réduisent le plus directement le volume de triangles envoyé à la carte.

Comment savoir si mon modèle est « lourd » ou si c'est ma machine ? Outils > Évaluer > Évaluation des performances vous donne les temps et les volumes. Si le même modèle est fluide sur un poste certifié, le problème est matériel ; s'il est lourd partout, il est dans le modèle.

Faut-il vraiment renoncer aux filetages modélisés ? Non — il faut les réserver aux cas où la géométrie réelle sert (impression 3D, usinage, simulation de contact) et les isoler dans une configuration dédiée. Pour tout le reste, le filetage cosmétique donne la même information en mise en plan pour un coût d'affichage négligeable.

Un composant fournisseur peut-il vraiment faire planter SOLIDWORKS à lui seul ? Oui, et c'est régulièrement le cas : géométrie importée non nettoyée, corps surfaciques, tessellation figée très fine, filetages et gravures modélisés. C'est le premier endroit où je regarde après un plantage inexpliqué.

Est-ce que ces réglages garantissent la stabilité ? Non, et je ne peux pas l'écrire autrement. Ils réduisent la probabilité d'incident. La garantie de fonctionnement passe par une combinaison carte + pilote + version certifiée par Dassault Systèmes.


Pour aller plus loin

Ohmycad est revendeur officiel Dassault Systèmes. Les combinaisons carte graphique, pilote et version SOLIDWORKS certifiées sont publiées par Dassault Systèmes sur sa page de certification matérielle ; les recommandations de cet article ne s'y substituent pas et ne constituent pas un engagement de résultat.